Éléments cliniques à prendre en compte dans la prise en charge du cancer du poumon non à petites cellules de stade avancé avec PD-L1 ≥ 50 % en 2025 : les patients doivent-ils tous être traités de la même manière?

Auteurs-es

  • Lorena A. Mija
  • Arielle Elkrief, M.D., FRCPC

Résumé

Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) reste la principale cause de décès lié au cancer au Canada, malgré les progrès réalisés dans le traitement grâce à l’avènement de l’immunothérapie sous forme d’inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (IPCI). Par ailleurs, il existe plusieurs options de première intention pour les patients atteints d’un CPNPC sans mutation activatrice du récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR) ou de réarrangement du gène de la kinase du lymphome anaplasique (ALK), mais aucune comparaison directe des schémas thérapeutiques de première intention n’a été effectuée dans le cadre d’essais contrôlés randomisés. Le score de proportion tumorale (SPT) du ligand 1 de mort cellulaire programmée (PD-L1) - qui est dérivé de l’analyse immunohistochimique (IHC) - est devenu un biomarqueur important avec l’avènement des IPCI dans le CPNPC. Environ 30 % des patients atteints de CPNPC présentent une expression tumorale du PD-L1 dans au moins 50 % de la tumeur. Ce seuil de ≥ 50 % a été établi par des analyses rétrospectives de biomarqueurs dans des essais pivots, tels que les essais KEYNOTE-001 et KEYNOTE-024, dans lesquels les patients présentant une expression plus élevée de PD-L1 ont démontré des taux de réponse supérieurs et des bénéfices de survie globale (SG) avec l’immunothérapie par rapport à la chimiothérapie. L’essai KEYNOTE-001 a été le premier essai à identifier une expression ≥ 50 % de PD-L1 comme seuil optimal pour prédire la réponse au pembrolizumab (un anticorps dirigé contre le récepteur de protéine de mort cellulaire programmée 1 [PD-1]), montrant un taux de réponse objective (TRO) d’environ 45 % dans ce groupe. Par la suite, l’essai KEYNOTE-024 a confirmé que les patients présentant un taux de PD-L1 ≥ 50 % avaient une survie sans progression (SSP) et une SG significativement améliorées avec le pembrolizumab par rapport à ceux traités par chimiothérapie (rapport des risques instantanés [RRI] pour la SSP : 0,50, intervalle de confiance [IC] à 95 % : 0,37 à 0,68). Des résultats similaires issus des essais IMpower110 (atézolizumab) et EMPOWER-Lung 1 (cémiplimab) ont renforcé le SPT de PD-L1 ≥ 50 % en tant que biomarqueur cliniquement significatif. De ce fait, un SPT de PD-L1 ≥ 50 % est devenu un biomarqueur pouvant être utilisé par les autorités réglementaires et dans les lignes directrices de traitement, orientant les décisions relatives à l’immunothérapie dans le CPNPC.

Biographies de l'auteur-e

Lorena A. Mija

Lorena A. Mija est étudiante en médecine à l’Université de Montréal et se passionne pour la santé communautaire, la défense des droits des patients et la recherche en oncologie. Elle se consacre à l’amélioration de l’accessibilité aux soins de santé par le biais d’initiatives de sensibilisation et d’engagement public.

Arielle Elkrief, M.D., FRCPC

La Dre Arielle Elkrief est professeure adjointe au département d’hématologie et d’oncologie du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) et codirectrice du Centre du microbiote du CHUM. En tant que clinicienne-chercheuse, la Dre Elkrief est spécialisée dans le traitement des patients atteints de cancer du poumon et de mélanome. Au cours de son stage postdoctoral au Memorial Sloan Kettering Cancer Center, sous la direction du Dr Charles Rudin, elle a contribué à la découverte que le microbiote tumoral influence la réponse à l’immunothérapie. De plus, ses travaux ont démontré le rôle négatif des antibiotiques sur l’activité de l’immunothérapie. Le programme de recherche de la Dre Elkrief se concentre désormais sur le développement d’essais cliniques visant à modifier positivement le microbiote intestinal chez les patients atteints d’un cancer du poumon ou d’un mélanome en utilisant la transplantation de microbiote fécal, les prébiotiques et l’alimentation. Son laboratoire de recherche s’intéresse également à la découverte de nouveaux biomarqueurs de la réponse à l’immunothérapie en utilisant les microbiotes intestinaux et tumoraux. La Dre Elkrief a récemment reçu le prix de jeune chercheuse de l’American Society of Clinical Oncology et le prix de la Society of Immunotherapy of Cancer Women in Melanoma. Elle a publié plus de 78 articles dans des revues scientifiques révisées par les pairs.

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Publié

2025-04-11

Comment citer

Éléments cliniques à prendre en compte dans la prise en charge du cancer du poumon non à petites cellules de stade avancé avec PD-L1 ≥ 50 % en 2025 : les patients doivent-ils tous être traités de la même manière?. (2025). Canadian Oncology Today, 2(1), 13–17. https://doi.org/10.58931/cot.2025.2131

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Éléments cliniques à prendre en compte dans la prise en charge du cancer du poumon non à petites cellules de stade avancé avec PD-L1 ≥ 50 % en 2025 : les patients doivent-ils tous être traités de la même manière?. (2025). Canadian Oncology Today, 2(1), 13–17. https://doi.org/10.58931/cot.2025.2131